La Champagne #1 : Vendanges 2014 et pleins de dégustations



En cette fin de septembre les vendanges se terminent en Champagne, la récolte qui entre dans les chais est bien plus belle que ce à quoi on pouvait s’attendre après un été pluvieux. Ces quatre dernières semaines de beau temps ont redonné de la vigueur aux plantes et ont permis aux raisins de mûrir étonnamment bien. Évidemment, ceux qui ont rentré leurs raisins au tout début septembre ont vendangé bien trop tôt (manque de sucres, manque d’arômes et bien trop acides), mais ceux qui ont su attendre ont été récompensés par une belle récolte mûre et aromatique, avec un niveau très limité de botrytis et raisonnable en terme d’alcohol potentiel. Aussi bien pour le Chardonnay que le Pinot. D’ailleurs, lors de la dégustation des moûts en cours de fermentation, il y avait de beau jus en devenir dans le verre. Des arômes, de la délicatesse et une acidité bien balancée. C’est prometteur et donnera certainement naissance à quelques grandes cuvées. Evidemment, 2014 n’étant pas le millésime du siècle, il y aura des moutons noirs à éviter, mais on en parlera le temps venu. Ceci dit, une chose est certaine : il y aura de magnifiques vins rouges issu du Pinot Noir, surtout sur Ambonnay. À bon entendeur !

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Trois jours à sillonner les vignobles de la Champagne dans la valise de Michel Bettane, c’est un cours accéléré sur cette appellation que je considérais jusqu’à présent plutôt comme un terroir à marques et bien moins comme une terre de vignerons. Mais puisqu’on apprends tous les jours, force est de constater qu’il y a non seulement de belles maisons familiales a taille humaine qui défendent leur patrimoine, mais qu’il y existe aussi un formidable terroir pour le Pinot Noir, capable de produire une expression digne des meilleurs vins de Bourgogne, la grosse tête en moins et surtout plus abordable. Côté breuvages à bulles, j’ai eu également la bonne surprise d’avoir à faire à bien moins d’exemples raides que je ne craignait, car le Champagne était pour moi surtout synonyme de généreuses mousses acides tapissant la bouche comme un bain de bulles à savon bon marché, sans aucune grâce, ce qui est souvent le cas avec les entrées de gamme des grosses maisons (qui coûtent pourtant bien souvent plus de 25€…). J’ai alors découvert des Champagnes bien foutus, où la bulle sait accompagner et mettre en valeur le vin qui le construit. Donc me voilà enfin prête pour vous écrire de beaux billets qui rendront justice à cette appellation historique, et par la même occasion au nom de mon blog : Winebubble :).

Pendant ces trois jours le programme était dense et a mené nos pas chez quelques-unes des maisons les plus emblématiques de la région, avec la dégustation de certains champagnes et vins absolument remarquables. Et évidemment la découverte de vignerons attachants et entiers, tout comme des gestionnaires qui n’oublient pas qu’une bonne équipe est la clé pour la réussite de leur entreprise. Ici pas de snobisme : les champenois mettent un point d’honneur à la politesse. Tout le monde se dit bonjour et se serre la main, ce qui en tant que parisienne d’adoption et donc habituée aux relations parfois très peu cordiales, m’a très agréablement surpris. Ça change !

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Autre point a relever : en ballade dans les différents vignobles, Montagne de Reims, Vallée de la Marne et Côte des Blancs, on constate que la viticulture fait des progrès et devient de plus en plus raisonnable. Dans bien des parcelles l’herbe est de retour, de plus en plus de vignerons se mettent au bio ou à la biodynamie, la biodiversité commence à faire son retour. Il y a certes encore du chemin à parcourir, mais dans un climat aussi nordique qu’en Champagne, c’est à dire plus frais et pluvieux, il ne faut pas s’attendre à ce que les domaines adhèrent du jour au lendemain à une viticulture qui limite les traitements contre les maladies, plus présentes ici que dans d’autres régions viticoles françaises. Et pourtant, aussi incroyable que cela puisse paraître, la maison Roederer cultive aujourd’hui environ 70ha sur leurs 230ha de vignes en biodynamie. Ils sont précurseur en Champagne, non pas parce qu’ils ont beaucoup de moyens, mais parce qu’ils ont Directeur Général remarquable, Jean Baptiste Lecaillon, à qui l’actionnariat fait entièrement confiance. Ils sont évidemment observés de près et de loin, parfois raillés, mais servent surtout de bon exemple : yes, we can ! Espérons qu’il feront très rapidement pleins de petits, notamment chez Moët qui colonise (difficile à appeler ça autrement) certains crus, notamment Aÿ. Si la boulimie du vignoble de Bernard Arnault, à qui on doit certes le  rayonnement mondial de quelques uns des plus beaux exemples du savoir faire français, pourrait s’accompagner d’un élan proportionnel pour la préservation de la nature, il y aurait certainement pas loin d’un tiers, voir la moitié de la Champagne en bio ou biodynamie. Alors Monsieur Arnault : yes, you can ??

Sans oublier : le vignoble de la Champagne s’implante dans quelques uns des coins les plus jolis de la région. Il épouse les rondeurs de collines sur socle calcaire, créant des vallons, des creux et des vagues qui s’assemblent dans une mosaïque de terroirs sur lesquelles s’aligne une vigne bien ordonnée. A regarder de loin, on a parfois l’impression de contempler un jardin japonais verdoyant. Puis dès qu’on prend de la hauteur, le regard porte au loin et donne de l’espace. En empruntant la fameuse D26, petite route partant de Reims et qui longe la montagne éponyme, on profite pleinement de ses beaux paysages. En cette saison, avec la baisse des températures et l’automne qui arrive à grand pas, les feuilles des vignes commencent à se draper d’un rouge flamboyant, tapis carmin émergeant des brumes matinales. Une grande bouffée d’air frais pour le corps et l’esprit.

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Si encouragé par cette lecture vos pas vous amènent dans la région, voici les maisons à ne pas louper. Merci de penser à téléphoner au moins trois jours avant pour être sûr de pouvoir être reçu. Mine de rien, un vigneron a bien des choses à faire toute l’année et a droit, tout comme vous, à ses soirées et son dimanche…

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CHAMPAGNE EGLY OURIET / Ambonnay

Francis Egly, vigneron discret, sympathique et cavalier émérite, fait parti des meilleurs vignerons de la Champagne, avec un vignoble à taille humaine. Il possède une douzaine de hectares de vignes sur différentes appellations, avec une majorité à Ambonnay. Tous les sols sont travaillés en mécanique, les désherbants sont bannis. Avec ses Chardonnay et Pinot Noir il élabore non seulement de magnifiques Champagnes, mais aussi un remarquable vin rouge qui peut aisément concurrencer les plus grands vins de Bourgogne. Ses vins sont précis, vivants et construits en profondeur, où chaque élément trouve sa juste place. Un excellent exemple d’un Recoltant-Manipulant qui est très attaché à sa vigne et son héritage, mais qui sait également évoluer avec son temps et produire des cuvées modernes, mais sans austérité ni artifice. Incontournable.

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Champagne Grand Cru 2006 – environ 100€

Ah la la, un vraie poème sous forme de liquide à bulles très fines. Une aromatique délicieuse de biscuit, massepain, compote d’abricot, agrumes, légèrement épicé. C’est frais, minéral, salin, d’une grande pureté mais très expressif, long en bouche et ça se boit tout seul. Un bonheur de dégustation qui frise la perfection. (19/20)

Côteaux de Champennois rouge 2007 – 100% Pinot Noir – environ 90€

Et voilà le concurrent directe de la Romanée Conti. Vous croyez que j’exagère ? Même pas. Je ne sais pas quelle magie opère, mais une chose est certaine : il y a un génie caché dans la bouteille. Un Pinot Noir à la fois fruité, profond, avec une légère mâche et une texture tellement équilibré et élégante qu’il n’y qu’une chose à dire : c’est LE Pinot Noir dans toute sa splendeur. Je crois que Francis n’est pas conscient du potentiel de ce vin, mais c’est une telle évidence. Il n’y a que très peu de bouteilles à vendre (environ 1200 par an). Alors dépêchez-vous. (20/20)

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CHAMPAGNE CHARTOGNE TAILLET / Merfy

Alexandre, généreux, enthousiaste et désarmant de sincérité, mène cette maison familiale sur le chemin des étoiles, en valorisant un des terroirs les plus historiques de la Champagne, mais aussi un des mieux ignorés de par les temps modernes. Installé à Merfy, coin oublié au nord de Reims, il élabore des cuvées minérales, complexes et croquants, mais sans austérité aucune. Ce grand gaillard est peut-être le plus prometteur de la jeune garde champenoise et assurément un nom à suivre. Sa viticulture, en bio et en partie franc de pied, renoue avec des techniques longtemps oubliés mais qui font merveille sur son terroir.

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Champagne Orizeaux 2009 – Blanc de Noir – environ 60€

Encore un exemple de ce qui fait, pour moi, un champagne idéal. La bulle est présente, mais elle porte et cajole les arômes sur le palais. Généreux, équilibré et complexe, l’aromatique se dessine sous forme de groseille, biscuit, massepain, abricot, pêche, pomme croquante, une pointe de beurre, de noisette fraîche et de thé vert. Minéral et salin, c’est la fraîcheur incarnée et ce vin réussi d’être à la fois rond et tendu. De toute beauté et un des moins chers en plus. (19/20)

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CHAMPAGNE BOLLINGER / Aÿ

Cette maison champenoise historique a été fondé en 1829. Toujours familiale, elle est aujourd’hui dirigé par le sympathique Jérôme Philipon, pourtant issu d’un monde loin de la viticulture. Mais comme toute grande maison qui veut évoluer avec son temps, il est parfois crucial de faire souffler un vent nouveau entre les rangs de vigne. Pari réussi ! Aujourd’hui Bollinger allie à la fois tradition et savoir-faire, tout en se renouvelant. C’est aussi la dernière propriété a avoir encore son propre tonnelier pour entretenir et renouveler leur immense parc de barriques. Exceptionnelle également leur vieille vigne française, franc de pied et cultivée à l’ancienne, qui donne naissance à une cuvée rarissime. Pour tout vous dire, en 2014 le rendement était de tout juste 6 barriques…

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Bollinger Spécial Cuvée – non millésimé – assemblage de vins de réserve issus à 85% de Premiers et Grands Crus – environ 40€

De bulles fines titillent le palais et ouvrent une aromatique complexe, fraîche et harmonieuse. Se bousculent sur les papilles le miel, oranges confites, mirabelle, coing, groseille, abricot, la noisette grillée, des notes biscuités, bref une belle maturité et une certaine opulence, mais dans un équilibre remarquable. Atypique et vraiment très bon. (17/20)

Bollinger R.D. 1973 – environ 450€

Avec son âge respectable de 41 printemps, ce champagne extra brut est exceptionnel à plus d’un titre. D’abord, parce qu’il a été servi au mariage du Prince Charles et Lady Di (et je suis très touchée que Monsieur Philipon ait ouvert une telle bouteille pour nous la faire découvrir). Ensuite parce qu’il est encore en pleine forme. Il y a évidemment moins de bulles, d’une texture fine et crémeuse, mais une sacre aromatique qui lui va bien. Des graines de café et cacao, notes torréfiées, champignons de Paris frais, chocolat noir, noisettes grillées, orange confite. Puis une fraîcheur et minéralité surprenante. Avec un bout de très vieux comté d’été cela doit faire merveille. (extraordinaire)

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CHAMPAGNE PHILIPPE GONET / Mesnil sur Oger

S’il y a une maison qui représente à merveille le style minéral et ciselé du Champagne, c’est bien la maison Philippe Gonet, aujourd’hui dirigé par Chantal Gonet et son frère Pierre. Lui s’occupe de la vigne et du chai, elle de la commercialisation. Leur cuvée Belemnita est la fraîcheur incarnée, tout en restant subtil et délicat. Une belle réussite pour cette maison qui a traversé bien des difficultés, mais qui a toujours réussi à sortir leur épingle du jeu. J’attends avec impatience leur cuvée Ter, qui sera lancée, je l’espère, en 2015. À suivre.

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Belemnita 2004 Grand Cru – Blanc de blanc – environ 110€

C’est frais, ciselé, minéral, d’une grande pureté. Des arômes de miel, abricot, mirabelle et coing soulignent encore cette impression de jeunesse et fraîcheur, porté par des bulles délicates, laissant une empreinte tendu et très rafraîchissante sur le palais. (16/20)

Mesnil 1975 – n’est plus en vente

Ouh la la, encore une vraie beauté. Non-dosé car dégorgé devant nous, c’est une fois de plus un champagne surprenant. Une belle aromatique un peu oxydée se déploie, de cire d’abeille, anisé, confiture d’orange amère, orange sanguine, miel, un peu pain d’épices. S’y ajoutent des notes de forêt, de la mousse. Une fraîcheur étonnante enrobe le tout, c’est à la fois généreux et tendu. Décidément, le champagne se prête à merveille au vieillissement à condition qu’il soit bien entreposé. Chaque bouteille, si son contenu a réussi à bien se conserver, devient alors une expérience de dégustation unique. (Ouah comme note)

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CHAMPAGNE GONET MÉDEVILLE / Bisseuil

Dirigé par le très sympathique couple Julie & Xavier Gonet Médeville, également propriétaire d’un Jack Russel coquin qui aime piquer la place au patron.

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Xavier est issu d’une grande famille champenoise, frère de Chantal et Pierre. Sa femme est née dans une des plus grandes familles bordelaises. À eux deux ils forment un couple de vignerons complémentaires et dans l’air du temps, modernes, toujours en mouvement et à la recherche d’une mise en valeur juste de leur patrimoine viticole. Leurs champagnes sont élégants, aromatiques et équilibrés, et à ne rater sous aucun prétexte.

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Cuvée Théophile 2008 – environ 90€

Nommé d’après son fils, ce champagne est très joliment dessiné. Frais, droit, net, avec un côté charmeur. Des bulles fines accompagnent des notes d’anis, groseille et de pamplemousse, une pointe de miel et cire d’abeille. Une belle minéralité et une touche saline harmonisent et donnent la touche finale à ce Théophile délicat et plein de jeunesse. (17/20)

Mesnil – Champ d’Alouette 1961 – n’est plus en vente

Un truc de fou. Des bulles très fines qui ont traversé le temps et qui caressent le palais. D’abord des arômes puissants, truffe blanche, pleurote, ail, comme une délicieuse poêlée de champignons de la foret, mousse. C’est son âge qui parle. Puis retournement de situation en fin de bouche, avec des arômes d’une délicatesse incroyable. Second acte : le terroir. L’âge s’efface et laisse parler la fraîcheur. C’est minéral et salin, les agrumes pointes leur nez, pamplemousse, une élégance à couper le souffle. Une expérience gustative qui restera gravée dans ma mémoire et mon coeur. (c’est d’une beauté exquise)

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CHAMPAGNE JACQUES SELOSSE / Avize

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Anselme Selosse est un artiste qui élabore des vins à son image. Un homme intuitif et étonnant, qui se pose pleins de questions et n’hésites pas à bousculer les idées reçues, aussi bien dans sa vigne que dans sa cave. S’en est suivi sa renommée mondiale, qui fait qu’il est tellement sollicité qu’il ne reçoit quasi pas de visiteurs (non pas par snobisme, mais parce qu’il n’aura alors plus le temps d’exercer son vrai métier, celui de vigneron). Il travaille ses vins non pas en l’analysant, mais en l’écoutant. Le résultat est complet et complexe, en transformant les opposés en complémentarité. En fait, il faut les goûter pour comprendre. Il nous a ouvert son Champagne « Sous le Mont » Mareuil-sur-Aÿ, millésime ???. Il était tellement passionnant a écouter que j’ai oublié de prendre des notes complètes… Ça m’apprendra ! Mais une chose est certaine, au delà d’être délicieux, ce champagne était à la fois rond et tendu, complexe et accessible, aromatique et cristallin, profond et délicieux (20/20). Bref, vous l’auriez compris, il mérite amplement sa réputation !

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Le soir tombe sur la Champagne et Paris m’appelle. En conduisant à travers les petites routes de campagne sillonnant le vignoble, je sais déjà que je vais y retourner, très bientôt.

Cheers !

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4 commentaires

  1. As-tu fait des visites chez des producteurs qui ont des tout petit prix ? Ou en connais-tu ?

    • Bonjour Larry, il faut aller pour la plupart du temps chez les coopératives, selon ce qui est un tout petit prix pour toi, sachant aussi que moins le prix est élevé, moins la qualité est au RV (équilibre, plaisir gustatif, viticulture respectueuse, etc…). On m’a par contre parlé justement d’une coopérative, Champagne Mailly, qui a une excellente réputation. Bonne journée

  2. La culpabilité allemande : « Tout le monde se dit bonjour et se serre la main, ce qui en tant que parisienne d’adoption et donc habituée aux relations parfois très peu cordiales, m’a très agréablement surpris. Ça change ».

    Parce que ce n’est pas cela qu’il faudrait faire systématiquement ? Sincèrement ? « Savoir vivre » avec l’autre, quels que soient sa couleur politique, sa couleur de peau, sa religion, sa note de gueule ou son milieu social, est finalement un défaut ?

    « S’habituer aux relations très peu cordiales », cela existe ? Allons…

    Quel projet de vie, ou quel projet de société nous promettez-vous en agissant toujours de la sorte ?

    Grand temps, donc, de prendre de bonnes habitudes, et de se débarrasser définitivement des mauvaises !

    Je pense que tu n’as pas encore totalement réalisé où se situait réellement le problème de la mentalité française que l’on nous reproche tant. C’est un reproche qui est totalement justifié. De là à savoir s’il est exclusivement parisien ?

    Pour ma part, dans ma prime jeunesse, j’ai toujours été éduqué comme cela. Rien de plus normal selon moi. Et l’on se moque de moi aujourd’hui, même si je ne prône aucune étiquette politique en particulier.

    Les Anglo-saxons, les Américains, les Australiens, etc., que je sache, font toujours comme moi.

    Le monde dans lequel j’aimais vivre n’existe déjà plus. Quittez ce pays. Il n’a plus aucun avenir.

    Je ne suis plus « Français » depuis longtemps. Et j’ai honte de mon pays. Vraiment.

    Pour ma part, vous êtes tous des morts-vivants, même dans le monde du vin.

    Adieu. Et sans aucun regret.

    PS : tu peux enlever ce commentaire si tu le désires. Il n’a pas grand chose à voir avec le vin.

    • Bonjour Serge,

      Un commentaire effectivement loin du vin, mais j’ai décidé de le laisser pour pouvoir te répondre. Ceci dit, ici ce n’est pas un forum de discussion sur les défauts et qualités des uns et des autres (on en a tous, y compris toi et moi), mais sur le vin, un formidable héritage et trésor culturel.

      Je ne suis évidemment pas d’accord avec toi et regrette que tu aie une vision si noire de ton pays, du moins à minuit devant ton écran d’ordinateur. Il y a vraiment beaucoup de très belles choses en France (comme ailleurs), des gens de grande qualité et un vrai patrimoine à défendre. J’y crois et n’ai pas besoin de perfection pour ce faire. L’herbe n’est pas plus verte ailleurs, la vigne non plus….

      D’ailleurs, d’où tu sors la culpabilité allemande ? Je n’en ai aucune. L’auteur de cet article aurait pu être de n’importe quelle nationalité, y compris française. Qu’il y a des gens qui arrivent le matin au bureau et passent devant toi sans dire bonjour est, malheureusement, un fait assez courant dans les grandes entreprises, qu’on soit allemand, français, chinois ou eskimo.
      A Paris les gens sont trop sollicités en général et souvent ils ne pensent pas aux gestes essentiels. Ça m’arrive aussi, et je crois que, sans aucun jugement de valeur, que tous les citadins expérimentent plus ou moins les mêmes symptômes. Ce n’est pas une excuse, mais c’est un fait. Il ne faut pas oublier qu’en terme de surface Paris est bien plus grande que toutes les autres villes françaises, donc plus d’habitants au m2 et surtout une pression sociale, financière et environnementale qui est bien plus importante qu’ailleurs. Et oui, ça peut déteindre sur le caractère de chacun de nous. Ceci dit, le contraire existe également, notamment dans les petites structures où les gens se connaissent plus facilement et les liens sociaux sont plus serrés. Il y a donc un monde nuancé à contempler.

      Dans le monde du vin j’ai rencontré un nombre impressionnant de passionnées de tout horizon, généreux, spontanés, ouverts d’esprits et curieux. Pour moi, vu du monde professionnel duquel je viens, c’est une merveilleuse bouffée d’air fraîche. J’aime ça, et ça me donne la banane chaque matin que je me lève.
      Puis tu parles de morts-vivants. Je n’en ai pas encore croisé dans la vigne, mais si un jour c’est la cas, je lui proposerait de boire une bonne quille de vin rouge avec moi. Après tout, le sang du Christ doit pouvoir étancher la soif de qqn venu d’outre-tombe :P

      Adieu Serge, bonne route. J’espère que tu trouveras la vigne plus verte, et surtout qui te correspondra mieux, dans d’autres contrées.

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