Digital Wine Communication Conference 2014 – Kosaké ??



En arrivant sur le bord du lac Léman, un grand soleil illumine le paysage majestueux des Alpes. L’autoroute surplombe le magnifique vignoble du Lavaux, tout en terrasses qui plongent vers l’eau. C’est vertigineux, et la couleur dorée et carmin des feuilles de vignes annonce la saison et crée un paysage enchanteur d’automne. L’envie me titille de quitter ce serpent d’asphalte et d’emprunter les petites routes secondaires qui sillonnent le vignoble tout en traversant de petits villages cossus de carte postale. Mais la nuit tombe, et le début du programme s’annonce dans moins d’une heure… En fait, rien que pour ce moment de pur bonheur contemplatif je n’aurais pour rien au monde voulu manquer cet événement !

Vue sur la vigne entre Montreux et Lausanne. Le magnifique vignoble du Lavaux !

Vue sur la vigne entre Montreux et Lausanne

C’était une première pour moi, et une superbe surprise. Quelle bonne idée d’avoir choisi Montreux pour cette 7ème #DWCC. Créé en 2008 et organisé depuis par trois geeks passionnés, Ryan & Gabriella Opaz et Robert McIntosh, ce cycle de conférences réussi le pari de s’adapter tous les ans au paysage changeant du Web et au nombre toujours croissant de participants. Chaque année le lieu change, et après avoir fait le tour de l’Espagne, du Portugal, de l’Autriche, d’Italie, la Turquie, et cette année la Suisse, on se demande où pourras bien avoir lieu l’édition 2015. Suspense. En tout cas j’y serais.

Une foule de 315 communicants amoureux du vin, venants de 37 pays et de tout horizon, a participé avec bonheur à cet événement unique entièrement dédié à la communication digitale. Certains viennent depuis la première édition. 53 intervenants cosmopolites de tout premier ordre, dont Jancis Robinson, José Vuillamoz, ou encore Eric LeVine, ont partagé leurs expériences sur deux jours. Impressionnant d’expertise. Organisé autour de thématiques très diverses comme l’innovation, l’écriture, l’éthique ou encore comment optimiser sa communication sur le Web, le programme était ponctué d’ateliers et de dégustations, puis achevé par des voyages de presse dans les vignobles suisses les plus emblématiques. Et après coup, je tire mon chapeau devant tant de professionnalisme qui a permis à tous les participants de découvrir bien des choses, virtuelles mais aussi très tangibles comme de nombreux vins pas qu’helvètes. Même si les stars étaient évidemment le Chasselas et la Petite Arvine !

Il n'y rien de tel que goûter un Chasselas dans son habitacle naturel. Il y a un petit goût de trop peu dans ces verres...

Il n’y rien de tel que goûter un Chasselas dans son habitacle naturel. Il y a un petit goût de trop peu dans ces verres…

 Après deux jours de conférences intenses, plusieurs grandes lignes ressortent :

Tout d’abord, le vin et le web sont devenus inséparables et l’Internet est désormais incontournable dans toute stratégie de communication. Plateforme aux visages multiples, le web invente des ponts de communication quasi illimités et permet de réduire considérablement l’espace entre le monde du vin et celui du consommateur. On ne compte plus le nombre d’initiatives en ce sens. Ce qui est aussi son plus grand challenge : rester visible dans une mer d’informations plus ou moins pertinentes et plus ou moins mises en forme, ou on a vite fait de se noyer des deux côtés. Comment s’en sortir ? En fournissant un contenu de qualité dans un contenant de qualité. L’un ne va plus sans l’autre. L’internaute étant de nature volage et infidèle, il faut l’appâter. Il veut du beau, une navigation facile et un contenu qui ne lui fait pas l’effet d’un somnifère. Il a envie que cette conversation virtuelle soit au moins aussi intéressante et passionnante que celle qu’il peut avoir avec son meilleur ami. Alors le meilleur moyen d’engager une conversation avec lui et de faire en sorte qu’il s’intéresse à vous, est de répondre à ce qu’il est venu chercher. La technologie peut avoir un côté très intimidant, au moins autant qu’un rayon de vin ou un sommelier en pleine verve. Donc pour que le message envoyé arrive à destination, et que bon usage en soit fait, l’ergonomie du produit proposé doit être simple et efficace. Ce qui ne veut pas dire simplet.

Le monde du web bouge et évolue sous forme de #hashtags et technologies de pointe. Blogs, sites dédiés, Google, Twitter, Facebook, Weibo et compagnie peuvent être d’une efficacité redoutable. Et le meilleur ami de celui qui veut faire connaître son produit et se faire, ou garder, sa place dans ce marché très concurrentiel dépassant largement les frontières communales, régionales et nationales. Une évidence ? Pas dans l’esprit de tout le monde. Encore trop souvent se joue le match virtuel versus tangible. Pourtant il y a une belle complémentarité. Sous condition, comme l’a souligné Jancis Robinson, que l’on sache rester unique et soi-même. La niche est le marché de demain et le consommateur son acteur principal. C’est donc par lui qu’il faut commencer pour bâtir un véritable échange, plus qu’une simple stratégie. Efficace, sincère et bien ciblée.

Côté start-ups aussi ça bouge. Bon nombre, tels que Vivino ou Cellartracker pour n’en citer que deux, apportent une visibilité rêvée à travers leurs applications qui créent de véritables communautés et plateformes d’échanges, où l’utilisateur a autant d’importance que le contenu. D’autres inventent des produits bien plus pratiques, comme Gregory Lambrecht et son système Coravin, permettant d’avoir une approche de plus en plus ludique et décomplexée du vin. Ça bouge, et le moins que l’on puisse dire est que ça bouge vraiment bien. C’est enthousiasmant en fait. Et encourageant aussi !

Le fameux Coravin, qui fait couler au moins autant d'encre que de paroles. Perso je trouve ça une idée de génie.

Le fameux et controversé Coravin. Perso je trouve ça une idée de génie.

Bref, pour ne pas vous ennuyer (justement) avec un rapport trop détaillé, je vais vous lister brut de décoffrage de ce que j’ai appris lors de ces conférences :

  • Si on veut séduire, faut soigner son apparence. Mais pas que. La conversation aussi doit suivre, sinon cela restera une aventure sans lendemain…
  • Chacun a envie d’être unique. Personne n’a envie de porter le même pull que son voisin. L’Internaute non plus. Alors il tricotez lui un pull sur mesure. Il va adorer !
  • N’essayez pas de plaire à tout le monde. C’est impossible. Alors mieux vaut se concentrer sur ceux qui ont les mêmes centres d’intérêts que vous. Tous les autres seront la cerise sur le gâteau. Ou un excellent challenge pour s’améliorer.
  • Faites rêver. Rêver, ça fait du bien.
  • Racontez des histoires. Mais des vrais, pas des fausses.
  • Apprendre des choses nouvelles sans se faire imposer quoi que ce soit, c’est chouette. Pour l’internaute, la liberté du choix, c’est un choix sans contrainte. Ce qui donne terriblement envie de revenir.
  • Soyez original, patient et sincère. Rome ne s’est pas construit en un jour…
  • Et surtout, avoir du courage, de l’endurance et de l’amour pour ce qu’on fait. Il n’y a pas de miracle. Mais un travail bien fait et bien réfléchit peut avoir un résultat miraculeux.

Sans oublier de se réinventer régulièrement. Personne n’aime manger le même plat tous les jours, surtout s’il n’est composé que d’une tranche de pain de mie sans beurre avec un bout de saucisson et de cornichon (pourtant, j’adore les cornichons !). J’aime la cuisine japonaise. De beaux ingrédients, où chacun joue son rôle sans voler la vedette à l’autre. Cette cuisine, pour moi, a l’esprit d’équipe et emprunte souvent des chemins détournés. Le team, une notion importante et valorisante à ne pas oublier (car rien ne se créé sans la contribution d’autrui). J’ai mangé des trucs de dingue dans les Ryokans, improbables, créatifs, inoubliables aussi, la fusion entre la vision d’un cuisinier et ce que la forêt avait à lui offrir, en plein mois de mars. Mais ça, c’est une autre histoire. Loin du virtuel ces exemples ? Non, juste une autre façon de dire les choses.

Alors, vous vous dites que c’est bien beau tout ça. Mais pour le réaliser, on fais comment ? En fait, les outils existent déjà. Sur le web évidemment. Échangez avec vos consoeurs et confrères. Il n’y a rien de mieux qu’un bon brainstorming pour remettre les idées à plat et en place. Puis les expériences échangées n’ont pas de prix et permettent souvent de gagner du temps précieux, et parfois beaucoup d’argent.

Une chose est certaine, le web est un outil malléable qui s’adaptera à la plupart des projets. Servons-nous en pour faire rayonner le vin encore d’avantage. Avant que les lois Evin et autres restrictions, sans oublier les moralisateurs, n’aient raison de ce qui constitue une des plus belles vitrines culturelles.

Bon, avec tout ça, il y du pain sur la planche. J’ai pleins d’idées du coup ! Préparez-vous :P

Cheers !

Les vin à la lueur de bougie, c'est la version romantique de la dégustation à l'aveugle

Le vin à la lueur de bougie, c’est la version romantique de la dégustation à l’aveugle. Puis c’est bientôt Noël…

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2 commentaires

  1. Excellent article. Captivant du début à la fin.

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