La Provence : bien plus que juste rosé



Fermez les yeux. Imaginez une terre baignée de lumière. Douce et sauvage. Terre de vent, de feu et d’eau. Il fait chaud. Vous, à l’ombre sous un pin parasol qui embaume, détendu(e) dans une chaise-longue avec vu sur la mer, un verre de rosé à la main.

Et bim, vous voilà dans les filets du rêve provençal.

Trop facile…

Alors on va changer de perspective. Fermez les yeux et imaginez une magnifique terre de grands rouges et de savoureux blancs. Vous êtes probablement partout, sauf en Provence. Je me permet de vous dire : vous avez tort !

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Avec son histoire viticole riche et ancienne, vieux de plus de 26 siècles, cette aire d’appellation qui s’étend sur 3 départements et 26.000 hectares de vignobles n’est donc pas seulement attachante en vacances, mais a bien beaucoup plus à offrir en terme de vins qu’elle n’en a l’air au premier abord.

À commencer par un fait encourageant : 25% de son vignoble est cultivé en viticulture biologique, ce qui en fait par rapport à sa surface le plus écologique de France. Les domaines viticoles y cultivent un sens de l’accueil chaleureux, mais aussi leur vigne avec attention. Une bonne nouvelle pour les consommateurs ainsi que pour l’héritage environnemental de demain.

Géographiquement, la vigne joue au cache-cache sur toute la Provence, disséminée entre forêts, vallons et montagnes, créant une multitude de zones très spécifiques dont certaines ont été consacrées par une AOP. Dès 1936 et jusqu’en 1948, quatre petites appellations protégées voient le jour : d’abord Cassis en même temps que Sauternes (!!), puis Bandol, Bellet et Palette. Les Côtes de Provence doivent attendre 1977, et depuis les années 1980 sept autres zones ont été distinguées. La mosaïque s’affine, permettant une approche de plus en plus nuancée.

Le climat, méditerranéen, est abonné aux saisons régulières et quasi idéales. Les étés longs, secs, chauds et ensoleillés s’achèvent pour la plupart sur des étés indiens tels qu’on les aime pendant la période des vendanges, permettant ainsi des récoltes fiables et de qualité. Le vent joue ici un rôle central, tempérant la chaleur estivale et aidant à maintenir un état sanitaire impeccable à la vigne en cas de pluie. En bref, une région généreuse et solaire, sauf en cas d’orage, souvent violents et potentiellement destructeurs.

Le terroir, complexe sur une aire d’appellation aussi grande, se partage en deux zones principales : calcaire à l’ouest et siliceux à l’est. Il suffit d’observer la végétation pour savoir sur quel type de sol la vigne s’épanouit : la garrigue préfère les sols calcaires tandis que le maquis aime les sols siliceux. Évidemment, le terroir se décline en un éventail bien plus varié dès que l’on regarde les secteurs viticoles de plus près.

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Mais, escarpée et lovée contre la Grande Bleue, la beauté de ces paysages crée aussi la convoitise. L’urbanisation s’intensifie, notamment le long de la côte et la pression de la valeur foncière augmente considérablement. Nombreuses sont d’ailleurs les tentatives de reclasser des terrains agricoles en terrains constructibles. Des appellations comme Cassis, Bandol et Bellet en savent quelque chose et doivent constamment lutter pour préserver leur patrimoine viticole.

De plus, la Provence est une région à la démographie saisonnière très variable. Le festival de Cannes, squattant les plages pendant deux semaines par an, draine plus de monde que les Seychelles ont d’habitants, sans parler de la saison touristique estivale qui enregistrait en 2015 pas moins de 215.000.000 (!!!) nuitées.

Vu l’engouement suscité, il n’est alors pas étonnant que l’œnotourisme s’y soit si bien développé, plus que dans d’autres régions françaises. Conscients du potentiel non seulement économique mais également en terme d’image et de communication, les domaines s’investissent, les initiatives individuelles se multiplient aussi bien en ouvrant la voie vers un œnotourisme de qualité que vers des activités culturelles très diversifiées et de plus en plus pointues.

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On serait presque tenté de dire que dans le monde viticole provençal il n’y a pas beaucoup de nuages dans le ciel. Mais si le rosé s’en sort très bien tout en monopolisant 88,5% de la production, il crée aussi une situation à double tranchant.

D’un côté, une progression qualitative desdits rosés, les entraînant parallèlement vers une uniformisation de plus en plus frappante. La plupart sont d’une nature accommodante, de couleur très claire et à boire dans l’année suivant la récolte. Une véritable « marque » de fabrique. Cette facilité de lecture les a hissé au sommet de la désidérabilité commerciale.

D’ailleurs, quand on regarde en arrière, il s’agit d’une véritable « rosé succès story » : la part de production ne cesse d’augmenter depuis 30 ans, les marchés nationaux et internationaux se l’arrachent, la rentabilité financière des domaines a grimpé en flèche avec une augmentation du chiffre d’affaires de +390% en 10 ans et un retour quasi immédiat sur l’investissement.

De l’autre côté, ce quasi monopole du rosé relègue non seulement les rouges et les blancs sur le banc de réserve, mais risque également d’entraîner la réputation de la Provence vers une catégorie à la « Beaujolais Nouveau », surtout quand on omet de valoriser ses autres atouts. Les prémisses sont déjà en train de faire surface. Est-ce vraiment souhaitable ? J’ose imaginer que non.

En cette année 2016, j’ai passé quasi deux mois à voyager en Provence à déguster les vins de toutes ses appellations et de toutes les couleurs. Ne connaissant ni la région ni ses vins auparavant, c’était une découverte constante.

Voici donc dix domaines de choc et de charme, grands et petits, connus et inconnus, avec un ou deux vins chacun qui vous convaincront que les vins rouges et blancs de Provence peuvent être grands comme les autres.

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LE GARAGISTE : DOMAINE DAL CANTO

IGP Alpilles / Viticulture en conversion bio / 5 hectares de vigne

Garagiste en chef : Richard Dal Canto

Quand on entre dans ce petit domaine familial, la première chose qui frappe se sont les serres. On dirait que l’on vient faire les courses chez son maraîcher du coin. En fait, c’est presque ça puisque le père est effectivement maraîcher. Le fils Richard, après un détour par Paris et les bancs de la fac de droit, est retourné dans le giron familial et s’est lancé en 2002 dans la viticulture. La vigne a été plantée en haut d’une colline, à 10 minutes de voiture. Le vin, c’était d’abord pour ses amis. Mais le succès grandissant au fil du temps l’a poussé à partir de 2011 à les commercialiser pour tout le monde. Par contre, son lieu de vinification lui n’a pas changé. C’est bel et bien le (certes vaste) garage de la maison familiale. Dans un coin isolé, entouré de voitures plus ou moins anciennes, on trouve quelques cuves de tailles diverses, quelques barriques, et voilà. Ici, pas de technologie de pointe, pas de thermorégulation, juste le strict minimum. Et quand on goûte les vins, on est surpris par leur précision et générosité bien dosée. Jamais un vin n’a aussi bien porté la désignation « vin de garage ».

La Souche à l’Envers 2012 (rouge – 100% grenache), environ 15,00€

Serà 2014 (blanc – 100% roussanne), environ 11,00€

http://r.dalcanto.free.fr/index.php

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L’IDYLLIQUE : MAS DE LA DAME

AOP Baux-de-Provence / Viticulture certifiée bio / 57 hectares de vigne

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Divine idylle en chef : Caroline Missoffe & Anne Poniatowski

Venant de Saint-Rémy-de-Provence, en passant sur la D5 qui serpentine pour aller sur le versant sud des Alpilles, on est tout d’abord enchanté par un paysage ensoleillé de rochers calcaires sculptés par le vent. Puis subitement la vigne et les oliviers, blottis en contre-bas. Un paysage à la fois austère et magnifique. S’y ajoute l’histoire coquette d’une belle qui pleure dans ce coin caché son chevalier mort en croisade, et nous voilà conquis. Les toutes premières parcelles que l’on rencontre sur cette route font partie de ce vaste domaine de 300 hectares qui abrite une faune et une flore méditerranéenne très variée. Caroline et Anne y produisent des vins qui créent de par leur élégance un pont surprenant entre finesse bourguignonne et un caractère bien trempé du sud. Des vins fins et cultivés, que l’on aime partager à table.

Coin Caché 2014 (blanc – 80% sémillon + 20% clairette), environ 21,50€

Coin Caché 2014 (rouge – 85% grenache + 15% syrah), environ 21,50€

http://www.masdeladame.com

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LA DOMPTEUSE : DOMAINE HAUVETTE

AOP Baux-de-Provence / Viticulture certifiée biodynamie / 17 hectares de vigne

Dompteuse en chef : Dominique Hauvette

Quand on passe le grand portail, le premier qui vous accueille est Papillon. Jolie truffe timide, il tourne autour du nouveau chai et vous observe de loin. Puis arrive Dominique, discrète femme de caractère qui mène non seulement son exploitation viticole d’une main de maître, mais aussi son élevage de près de 40 chevaux. Depuis son premier millésime en 1988 elle en a parcouru du chemin pour devenir, malgré-elle, la star la plus modeste et farouche de la Provence. Quand on goûte ses vins, on comprend aisément pourquoi. La viticulture et la vinification totalement à l’écoute donnent une âme vibrante mais indompté aux vins, donnant terriblement envie de faire succomber au tire-bouchon toute la gamme pour l’apprivoiser. Sans jamais être déçu(e). Dominique a su grandir avec sa vigne et son vin, rien qu’en les accompagnant et encourageant. Comme je disais : dompteuse en chef. Chapeau, c’est grand !

Cornaline 2009 (rouge – 50% grenache, 30% syrah, 20% cabernet sauvignon), environ     27,00€

Jaspe 2014 (blanc – 100% roussanne), environ 23,00€

Site web = il n’y en a pas !

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LE GARDE FORESTIER : CHÂTEAU REVELETTE

AOP Coteaux d’Aix-en-Provence / Viticulture certifiée bio / 24 hectares de vigne

Garde en chef : Peter Fischer

A 350m d’altitude, nichée dans les bois dans une vallée étroite couchée sur le flanc nord de la montagne Sainte-Victoire, des paons en liberté, un cochon domestique et d’autres animaux se prélassent dans la cours d’une vieille demeure familiale. Un décor digne des romans d’Astrid Lindgren : on s’attendrait presque de voir surgir Fifi Brindacier au détour d’un arbre pour nous faire un coup de chipie. Mais au lieu de cela, on rencontre Peter. Grand, le cœur sur la main. Sa vigne, il en prend soins comme d’un membre de la famille. En retour elle donne naissance à des vins tout à l’image de Peter : francs, élégamment généreux, complexes. Un domaine incontournable.

Le Grand Rouge 2013 (rouge – grenache, syrah, cabernet sauvignon), environ 26,00€

Le Grand Blanc 2014 (blanc – 100% chardonnay), environ 25,00€

http://www.revelette.fr

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LE PENTU : CLOS SAINT VINCENT

AOP Bellet / Viticulture certifiée bio / 10 hectares

Escaladeur en chef : Joseph Sergi, alias Gio

Au bout d’une impasse étroite et sacrément inclinée, le chai de Gio offre une vue imprenable sur les environs de Bellet. C’est peut-être pour cela que le vigneron a toujours le sourire et la patate. Perchée sur les hauteurs de Nice, la vigne qui dévale des pentes raides est organisée sous forme de petites terrasses gagnées à la sueur du front. L’originalité des vins du domaine (et de l’appellation) vient de deux cépages autochtones : la folle noire et le braquet. Feuilles au soleil et grappes au vent, ils sont bichonnés par Gio qui en façonne des vins expressifs, délicats et élégants. La plus belle expression de l’appellation, avec bonne humeur en prime.

Le Clos 2014 (rouge – 90% folle noire + 10% grenache), environ 29,00€

Vino di Gio 2014 (blanc – 100% rolle), environ 60,00€

Le Clos 2015 (rosé – 100% braquet), environ 19,00€ (un rosé incroyable !)

http://www.clos-st-vincent.fr

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LE GENTLEMAN FARMER : CHÂTEAU PRADEAUX

AOP Bandol / Viticulture raisonnée / 18 hectares

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Gentleman Farmer en chef : Etienne Portalis

Tandis que certains domaines s’échinent à s’inventer une histoire, celle de la famille Portalis est aussi incroyable que leurs vins. Ce domaine, issu d’un héritage, fût fondé en 1752 par Jean-Marie-Etienne Portalis, également connu comme corédacteur du code civil et négociateur du Concordat sous Napoléon I. Depuis, ce domaine, grâce aux femmes fortes de la famille, joue les revenants après une Révolution Française dévastatrice, un l’hécatombe du Phylloxera et deux guerres mondiales. Aujourd’hui, c’est Etienne qui met la main à la cuve. Grâce à sa généreuse barbe rousse et ses lunettes de soleil originales il est d’ailleurs impossible à rater. Avec son frère Edouard, ils font souffler un vent de fraîcheur sur ce domaine qui façonne de splendides rouges de garde, classiques et racés. Un pont réussi entre l’histoire et la modernité, et un vin qui tiendra somptueusement tête même à un lièvre à la royale. La classe !

Bandol 2011 (rouge – 95% mourvèdre + 5% grenache), environ 25,00 €

http://www.chateau-pradeaux.com/chateau-pradeaux-vente-vins-sud-m1-fr.html

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LA CORDE SENSIBLE : DOMAINE DU GROS’NORE

AOP Bandol / Viticulture raisonnée / 16 hectares

L’accordeur en chef : Alain Pascal

La première fois que j’ai débarquée au domaine je croyais que j’allais me faire bouffer tout cru. Il ne porte pas les journalistes dans son cœur. Sauf que cet homme est un bourru au cœur tendre. Il fait les choses avec amour mais fait preuve d’une grande pudeur. Et son vin est totalement à son image : solide et tendre, aérien et ancré, généreux et pudique. Ses vins sont un des secrets les mieux gardés de Bandol, mais certains secrets sont faits pour être révélés au grand jour. Un des plus grands et authentiques vignerons de l’appellation.

Cuvée Antoinette 2011 (rouge – 95% mourvèdre + 5% grenache), environ 44,00€

Bandol 2013 (rouge – mourvèdre + grenache + cinsault + carignan), environ 20,00€

http://www.gros-nore.com

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L’INTEMPOREL : DOMAINE DE TERREBRUNE

AOP Bandol / Viticulture certifiée bio / 30 hectares

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Le gardien du temps en chef : Reynald Delille

Tout à l’est de l’appellation, implanté sur d’anciennes terres agricoles rachetées en 1963 pour y planter de la vigne, ce domaine est devenu en quelques décennies le temple des vieux millésimes. Le mourvèdre y est à l’image de Reynald, discret, élégant et bienveillant. La sagesse que l’œuvre du temps a insufflé à leurs vins est épatante, les rendant à la fois très complexe et très abordable. Boire le mourvèdre jeune est de toute façon comme acheter un tableau à moitié terminé, et mieux vaut savoir l’attendre pour mieux pouvoir l’apprécier. Je suis donc tout particulièrement sensible à cet engagement qui va à contre-courant d’un marché de plus en plus pressé. Courez-y, puis posez-vous et prenez votre temps pour savourer ces pépites.

Bandol 2007 (rouge – 85% mourvèdre + 10% grenache + 5% cinsault), environ 45,00€

Bandol 2014 (blanc – clairette + ugni blanc + bourboulenc), environ 19,00€

http://www.terrebrune.fr

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LE FAMILIAL : DOMAINE GUILBERT

AOP Baux-de-Provence / Viticulture certifiée bio / 6,5 hectares

Chefs de famille : Nathalie & Guy Delacommune

Le domaine le plus petit des Baux. Fondé en 2007, suite à un rachat de vigne, Nathalie et Guy laissent leur première vie professionnelle derrière eux pour se consacrer au vin. Au domaine ils vous accueillent comme à la maison, simplement et avec le sourire. Ils ne produisent que trois vins : un blanc, un rosé et un rouge. Pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple. Et ils y mettent tout leur cœur. Le résultat : des rouges soyeux, fins, tendus, avec une élégance très bourguignonne. Et tout comme le domaine Terrebrune, ils préfèrent laisser vieillir les vins en cave afin qu’ils arrivent sur votre table quand ils commencent à s’épanouir. C’est un des meilleurs rapports qualité/prix de la Provence, et une bouteille qu’on aimerait d’office acquérir en Magnum. Puis j’aime leur approche démocratique du partage, décidément à la portée de tout le monde.

Les Baux-de-Provence 2012 (rouge – 75% syrah + 15% grenache + 5% cabernet sauvignon), environ 15,00 €

http://www.domaine-guilbert.com

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LE PHENIX : VILLA MINNA VINEYARDS

IGP Bouches du Rhône / Viticulture certifiée bio / 15 hectares

Phénix en chef : Minna (suédoise) et Jean Paul Luc

Fondé en 1929 et resté dans la même famille depuis, ce domaine a parcouru une reconversion étonnante. Jusqu’en 1979 les raisins étaient apportés à la coopérative du coin, année ou un décès dans la famille arrête net l’exploitation viticole. La belle s’endormit jusqu’en 1987, mais Jean Paul et son épouse Minna reprennent le domaine pour le faire renaître de ses cendres. Et quelle renaissance. Le couple, amoureux de l’héritage implanté sur un terroir de calcaires lacustres, décide de jouer le tout pour le tout, arrache la vigne trop productive pour la remplacer par une sélection de ceps bien plus qualitatifs. Ils convertissent le domaine en bio, peaufinent, essaient, vinifient, apprennent, mais ne commercialisent rien pendant 12 ans. En 1999 enfin ils se sentent prêts et lancent leur premier millésime. Il fait immédiatement un carton et ce petit domaine au milieu de nulle part démontre avec impertinence que pour faire des grands vins, pas besoin d’être sur un territoire classé en AOP. Quelle jolie réussite. Leurs vins sont frais, vivants et bien construits, déployant un équilibre harmonieux et épanoui à travers tous les millésimes commercialisés. Un modèle de réussite dans tous les sens du terme.

Minna 2007 (rouge – 58% syrah + 31% cabernet sauvignon + 11% mourvèdre), environ 25,00 €

http://www.villaminna.fr/fr.html

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LE JOKER : DOMAINE DE LA BEGUDE

AOP Bandol / Viticulture certifiée bio / 500 hectares, dont 20 hectares en vigne

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Capitaine en chef : Guillaume Tari

Vous voulez vous la jouer classique ? Et bien, c’est tout trouvé. Prenez la Bégude pour un parcours sans faute. Guillaume est tombé dedans petit puisqu’il a grandi au Château Giscours (Margaux). Mais au lieu de suivre le parcours familial tout tracé, cet aventurier cultivé aime le hors piste, épouse une belle espagnole au nom de Soledad et s’expatrie en Provence. Soleil dans la vie, soleil dans le cœur. Il acquiert le domaine en 1996, un jardin d’eden tout trouvé pour épancher sa soif de liberté. Niché à 400m d’altitude, dans un site isolé surplombant toute l’appellation avec une vue dégagée sur la mer, la vigne épouse les courbes de la crête sous forme de restanques restaurées avec amour et se cache, entourée de forêt, pour produire des raisins de grande qualité. Les sangliers du coin le savent, tout comme le chasseur attitré qui maintien un équilibre réussi entre sangliers dans la vigne et sangliers dans l’assiette. La famille élabore des vins classes, où style et originalité forment un ensemble harmonieux qui a la fâcheuse tendance en plus de se bonifier avec le temps. C’est presque louche autant d’inspiration. Et qu’est-ce que c’est délicieux !

Bandol 2013 (rouge – 90% mourvèdre + 10% grenache), environ 23,00 €

Bandol 2015 (blanc – 70% clairette + 15% ugni blanc + 15% rolle), environ 20,00 €

http://www.domainedelabegude.fr

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Cette liste est courte. Très courte. Trop courte. Ces domaines ne sont que la pointe de l’iceberg. Il y en a beaucoup d’autres qui mériteraient d’être cités. Préparez-vous donc pour la suite, où chacune des appellations sera individuellement mise à l’honneur.

En attendant, faites les emplettes en prévision des fêtes sans oublier l’un ou l’autre de ces magnifiques vins.

Puis un peu de sérieux pour finir en beauté ce premier portrait provençal :

LA CARTE D’IDENTITE DE LA PROVENCE VITICOLE 

Âge                                          Environ 26 siècles

Taille                                       26.000 hectares

Colorimétrie                         Rosé 88,5 % / Rouge 8 % / Blanc 3,5 %

Poids                                        1.2 millions d’hectolitres par an = 160 millions de bouteilles

Parents                                    540 producteurs + 60 coopératives + 40 sociétés de négoce

Ventes                                     40 % Provence / 44 % restant de l’hexagone / 16% export

Revenus 2013                         71 millions d’euros

Génie financier              augmentation de +390% du chiffres d’affaires en 10 ans (notre gouvernement devrait les prendre en conseil économique à Bercy)

Fan-club international      n° 1 USA / n° 2 Belgique / n° 3 Allemagne

Palmarès                                 n° 1 mondial des producteurs de rosés (= 5,6 % du rosé mondial = les autres peuvent aller se rhabiller…)

Cheers et merveilleuses fêtes de fin d’année à toutes et à tous.

Prost ! Skoll ! Tchin !

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1 commentaire

  1. Merci Birte! pour ce bel article très intéressant

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