Vins de Bourgogne #3 : le Beaujolais, la belle endormie



La belle endormie, cette région est comme le chat qui ne dort que d’un œil, prêt à ronronner dans votre verre pour peu qu’on daigne lui prêter son attention. Faites-le et elle se montrera enjouée et câline sur vos papilles ! Si vous ne me croyez pas, vous n’avez qu’à lire les lignes suivantes, puis l’essayer par vous-même…

Les dix chats, euh Crus je veux dire, aiment un territoire granitique ou argilo-calcaire, qui révèle la plus belle expression du Gamay noir à jus blanc à Saint-Amour, Chenas, Juliénas, Moulin-à-Vent, Chiroubles, Fleurie, Morgon, Régnié, Brouilly et Côtes de Brouilly. Puis exprime surtout un détail saisissant de ce cépage méconnu : son lien de parenté avec le Pinot Noir (x Gouais Blanc) se ressent en vieillissant dans certains des vins de grande qualité. Ils commencent alors à « pinoter », deviennent de plus en plus difficile à distinguer de leurs grands frères de la Côte d’Or. Faites le test en dégustation à l’aveugle avec de vieux millésimes. Même des dégustateurs aguerris se plantent régulièrement.

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En tout, le vignoble du Beaujolais est reparti sur 16.572 ha et se love contre les collines les plus à l’est du Massif Central, juste au bord de la plaine de la Saône. Avec seulement 248 ha plantés en Cha(t)rdonnay, 96% sont vinifiés en rouge, 2% en blanc et 2% en rosé. 30% de la production globale est vinifiée en coopérative, mais avec la revalorisation progressive de l’appellation ce chiffre va probablement diminuer dans les années à venir. Alors que l’AOC autorise 52 hl/ha, le rendement à été volontairement réduit ces derniers millésimes à 26 hl/ha, pour favoriser la qualité et non la quantité. C’est un des rendements les plus bas en France. Petit indice pour ceux qui ont envie de sauter le pas : les plus beaux millésimes des dernières années sont 2009, 2010 et 2011. Mais chuuut…

Et le Beaujolais Nouveau dans tout ça ? C’est un vin élaboré la plupart du temps par macération carbonique, favorisant le caractère fruité et facile du Gamay. Etant un cépage naturellement productif, il est facile d’encourager le rendement. Le concept est né en 1951 par décision réglementaire. Inspiré du système des Primeurs ou de Heuriger, avec une mise en vente anticipée le troisième jeudi de novembre à minuit de l’année de récolte, il permettait (et permet toujours) à la fois des rentrées rapides de trésorerie, tout comme la production en grandes quantités d’un vin à boire très jeune, fruité, simple et bon marché. Un succès énorme, à la fois commercial et de marketing, qui fait exploser la production et conquiert rapidement la France, puis l’étranger. Avec comme avantage de faire mondialement connaître l’appellation, et l’inconvénient d’occulter par la même occasion la vraie nature du Beaujolais : celle des vins de qualité, de garde, de caractère. Aujourd’hui, près de la moitié des ventes du Beaujolais à l’étranger représentent le Beaujolais Nouveau, avec en tête le Japon, les États-Unis et l’Allemagne. Une aubaine pour les uns, une plaie pour les autres. A présent force est de constater que la viticulture tournée vers la quantité et non pas la qualité a fini par fatiguer certaines parties du vignoble, peuplées de vieilles vignes pourtant aptes à produire des vins autrement plus qualitatifs.

Heureusement, comme le chat fier et indépendant, quelques résistants dans le lot ont continué à vinifier des pépites magnifiques. Après quelques décennies de croquettes faciles, la demande pour le Beaujolais Nouveau a commencé à décliner. Le consommateur, bien plus averti et éduqué, est aussi plus volage. Et commence à redécouvrir petit à petit les Beaujolais élaborés selon les règles de l’art. De plus en plus de jeunes (et moins jeunes) vignerons retrouvent leur terroir à travers une viticulture plus respectueuse. Une dynamique est alors en train de renaître, qui va peut-être inverser les rapports de force en remettant au premier plan ce qui fait l’intérêt de cette région : des petits bijoux qui feront rougir de plaisir Bacchus himself.

L’Inter Beaujolais n’est pas en reste et soutient avec engagement et dynamisme cette renaissance. Le Beaujolais Nouveau ne représente plus qu’un tiers de la production, comparés à environ 50% et plus auparavant. Les Crus sont redevenus numéro 1 et se retrouvent au cœur d’une vraie stratégie de revalorisation, aussi bien auprès des vignerons que du consommateur. Je leur souhaite de tout mon cœur de réussir. L’appellation le mérite. En attendant, je goûte avec beaucoup de plaisir leurs vins qui laissent mes papilles bien des fois rêveuses.

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Et maintenant, place aux vignerons :

*

DOMAINE DANIEL BOULAND

Daniel est un homme discret, qui préfère les grands espaces et la nature aux mondanités. Ici, le luxe est simplement une chaleureuse table en bois pour déguster ses pépites, des vins a son image, timides, sincères et sans chichis qui vont droit au but et au cœur. Il a 7ha de vignes en propres, issues du partage de l’ancien domaine familial, mais pour faire simple il en a aussi en fermage et loue certaines de ses parcelles à d’autres. Il travaille la plupart du temps tout seul ! Une autre façon d’optimiser les choses et faire ce qu’il veut. Le résultat en bouteille est croquant et frais, de très belle facture, une adresse incontournable.

Morgon – Vieilles Vignes 2012

Rouge – 100% Gamay – Alc. 13% – environ 15€

Frais, rond et ample, mais avec une trame serrée et des tannins de velours très fins, ce vin incarne une délicate complexité de fruits rouges, de réglisse et de notes florales telles que la violette. Franc, net, élégant et un peu timide, il dévoile également une jolie minéralité, presque un peu salin, des notes poivrées. La fin de bouche est longue et évolue sur des fruits noirs. Un vin que l’on peut apprécier dès à présent, mais son futur est très prometteur !

À carafer impérativement si vous souhaitez le déguster dès à présent

Sera de toute beauté de 2015 jusqu’au moins 2022

Température de service 14 – 15°C

Morgon – Corcelette 2011

Rouge – 100% Gamay – Alc. 13% – environ 12€

Ce vin annonce la couleur tout en fruit noir, presque un peu confit. Franc, frais, rond et ample, il montre une belle intensité, des tannins serrés et une mâche de velours, droit, avec une trame solide très structuré. Il est cependant équilibré et élégant, et assurément de garde.

À déguster dès à présent et jusqu’en 2020, si vous êtes sages !

À carafer pour lui permettre de s’épanouir

Température de service 15 – 16°C

*****

DOMAINE GILLES COPERET

Gilles Coperet a repris ce petit domaine familial en 1986 de son grand-père. Aujourd’hui, il gère les 9ha avec sa femme Annie et ils ont ouverts en plus une charmante chambre d’hôte. Ce couple sympathique produit des vins sincères et gourmands que vous n’auriez aucun mal à caser sur votre table de déjeuner ou de dîner. D’ailleurs vous pourriez tester les accords mets & vin sur place en table d’hôte avec la savoureuse cuisine familiale d’Annie !

Fleurie 2010

Rouge – 100% Gamay – 13% Alc – environ 9€50

Frais et très fruité, ce vin dévoile une trame un peu rugueuse et charmante, ou se mêlent des arômes de cerises, poivre, menthol, thym et romarin. Un vin estival et gouleyant, aux tanins de velours.

À carafer pour pouvoir l’apprécier pleinement

À boire dès à présent et facilement jusqu’en 2017

Température de service 14 – 15°C

Morgon 2012

Rouge – 100% Gamay – 13% Alc – environ 6€20

Ce vin a été élevé 50% en fût et 50% cuve. Frais, gourmand, aux notes légèrement boisées et vanillées qui s’ajoutent à ses arômes fruités, il est rond avec des tanins de velours.

À carafer si vous souhaitez le déguster dès à présent

Sera au top entre 2015 et 2018

Température de service 14 – 15°C

*****

DOMAINE PASCAL AUFRANC

Né dans une famille de vigneron, Pascal a toujours aimé se retrouver dans les vignes et le chai. Déjà petit il aidait son père. Devenir vigneron, c’était une évidence pour lui. Après un Bac Pro et un BTS au lycée viticole de Beaune, il se lance dans l’aventure en 1992, d’abord en prenant 5ha de vignes en location à Chenas, puis s’est agrandi en 2005 avec 4ha en plus sur Juliénas. Aujourd’hui, il travaille ses 9ha seul, en viticulture raisonnée, épaulé de temps à autre par les conseils de son papa. Il s’est lancé dans la replantation de certaines parcelles sur Juliénas, notamment pour faciliter le travail du sol, mais aussi pour permettre de se rapprocher d’une conduite encore plus respectueuse de la vigne et de l’environnement, sans forcément chercher le bio.

Dans les 4 cuvées qu’il produit, il recherche avant tout la pureté d’une expression variétale, du fruit, de la fraîcheur, et l’élevage est pour lui avant tout un moyen de la souligner et la faire ressortir. Et il y réussit avec brio.

Chénas – Cuvée 1939 Vieilles Vignes 2012

Rouge – 100% Gamay – 13% Alc – environ 9€

1939 est l’année de plantation de cette parcelle. Ces vieux ceps s’enracinent sur un sol granitique, donnant un jus très élégant. Pour préserver ces caractéristiques, l’élevage du vin se fait à 100% en cuve.

Une belle fraicheur, des tanins très fins et une structure aérienne construisent un vin léger, fin et délicat. Les notes enjouées de fruits rouges, poivre rouge, réglisse, avec une pointe épicée et florale telle que la pivoine, dessinent un charmant tableau printanier sur vos papilles qui se termine en une fin de bouche qui se prolonge sur un fruité à croquer. C’est miam !

Très bon dès à présent, il le restera au moins jusqu’en 2018

Température de service 14 – 15°C

Juliénas – Probus 2012

Rouge – 100% Gamay – 13% Alc – environ 12€

Issu de 2 parcelles de Vieille Vigne vinifiées ensembles, ensuite élevées à 80% en cuve et 20% en fût de plusieurs vins pour permettre. Le terroir argilo limoneux ainsi que la cuvaison et l’élevage plus longs structurent joliment ce vin.

Frais, avec des tanins fins et une mâche de velours qui portent un beau fruit très expressif et croquant. La texture est serrée, les arômes de cerise, fraise et framboise sont complétés par des notes épicées, de pin et de réglisse. C’est encore plus miam…

À carafer si vous souhaitez le déguster dès à présent

Déjà très bon, il sera à son firmament entre maintenant et ce jusqu’en 2020

Température de service 14 – 15°C

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DOMAINE LABRUYERE

Fondé en 1850 par Jean-Marie Labruyère, ce domaine familial compte aujourd’hui 13,5 ha, dont 0,92ha en Monopole sur le Clos du Moulin-à-Vent situé juste au-dessous du fameux Moulin, exposé nord-sud face au Mont Blanc. C’est aussi le seul monopole de l’appellation. Edouard Labruyère travaille la récolte de son vignoble comme une mosaïque d’interprétation autour d’une même trame aromatique, dense et aérienne à la fois. En 2012 le rendement était tout petit, dû à une forte gelée en février sur leurs parcelles de Vieille Vigne, puis la coulure qui s’en est suivi. Ceci dit, les 25hl/ha de moyenne ont donné naissance à de très beaux vins.

Moulin-à-Vent – Champ de Cour 2012

Rouge – 100% Gamay – 13% Alc – environ 15€

Les raisins pour cette cuvée poussent sur un sol de granit profond et épais, recouvert d’argile et de sable. Vinifié sans rafle et élevé en cuve, en résulte un vin aujourd’hui encore un peu timide, car jeune tout simplement. Frais, avec un fruité dense et aux notes de menthol, la texture se construit en bouche sous forme d’une mâche de velours, avec des tanins fins présents. C’est ample et très prometteur.

À carafer impérativement si vous souhaitez le déguster dès à présent

Se fera tout beau pour vous entre 2015 et 2019

Température de service 14 – 15°C

Moulin-à-Vent – Le Clos 2012

Rouge – 100% Gamay – 13% Alc – environ 24€

Issu de leur parcelle de Vieille Vigne, 70 ans en moyenne, du fameux Clos en Monopole. Entièrement égrappé, la malolactique ainsi que l’élevage sont fait en fût, dont 10% de fûts neufs. Il a été mis en bouteille en février 2014, avec une toute petite production de seulement 9 pièces en 2012.

Frais avec une petite touche de CO2, ce vin est gourmand, avec des arômes de fruits noirs intenses, comme une pâte de fruits de cassis et de cerise, plus une touche de réglisse et floral de pivoine. La mâche délicate et les tanins fins construisent un plaisir de velours, dense, ample et structuré, mais tout en finesse, qui porte les arômes harmonieusement.

Lui aussi demande à être carafé avant dégustation

Un plaisir à ne pas manquer entre 2015 et 2022, et plus si vous en prenez soin

Température de service 14 – 16°C

*****

DOMAINE DAVID BEAUPERE

Acquis en 1962 par Georges David, c’est aujourd’hui Louis-Clément David-Beaupère qui travaille leurs 3,74 ha de vignes. La conversion en bio s’achève cette année. Petit mais très actif, c’est un domaine qui se développe à l’export, notamment en Chine. La preuve que la taille n’a rien à voir avec le succès. Leurs vins francs et accessibles font parti de ceux à découvrir dans le Beaujolais. Cerise sur le gâteau : leurs charmantes chambres d’hôte vous permettront de lézarder dans la vigne et de découvrir leurs vins sur place.

Juliénas – La Bottière 2012

Rouge – 100% Gamay – 12% Alc – environ 20€

Elevé en fût de plusieurs vins, il n’est élaboré qu’avec des levures indigènes.

Gourmand, rond et ample, avec des tanins fins & soyeux, complété par une mâche fine qui donne une belle texture au vin. Sa fraîcheur lui confère un côté très estival, avec des notes de fruits noirs, notamment cerise. C’est un vin harmonieux, net, franc, et accessible.

À carafer avant dégustation

Charmant dès maintenant, il le restera encore jusqu’au moins 2020

Température de service 14 – 16°C

Juliénas – Saint Antoine Grande Cuvée 2011

Rouge – 100% Gamay – 13% Alc – environ 25€

Cette cuvée a une place à part dans la gamme du domaine. Il sépare la vendange en deux, et 50% sont vinifiés en vendanges entières, 50% en éraflé. Il produit 50 Magnums de chaque, puis assemble le restant dans cette cuvée, avec un élevage long de 24 mois en fûts neufs. En 2012 il n’avait pas assez de récolte pour l’élaborer et en 2013 il n’en a fait qu’une toute petite quantité.

Frais, concentré, avec une trame dense et serrée et des tanins fins. Ce vin est comme du velours, aux arômes de fruits concentrés, des notes épicées, boisées, florales et une pointe de réglisse. Il commence tout juste à dévoiler tout son potentiel et il sera recommandé de le laisser encore un peu dormir dans votre cave.

À déboucher entre 2016 et 2022 pour profiter de sa plus belle expression

Température de service 15 – 16°C

*****

DOMAINE THILLARDON

Paul Henri fait partie de la nouvelle garde des vignerons. Jeune, sympa, dynamique et chaleureux, il s’est installé à son compte en 2008 sur 7ha de vignes qu’il considère comme un grand jardin. Il déménage en 2013 dans une nouvelle maison, avec un chai qui n’est peuplé que de cuves en béton brut. Par la même occasion il a aussi installé un poulailler, des chevaux, acquis des bois dans lesquels il veut placer de ruches, sans oublier le chat incontournable. Bien entendu il travaille son vignoble en bio, aujourd’hui à quatre mains avec son frère Charles. Le résultat est là, et leur vin au style jeune et décomplexé est assurément à prendre très au sérieux.

Chénas – Chassignol 2012

Rouge – 100% Gamay – 13% Alc – environ 18€

La parcelle de Chassignol a été plantée à 12.000 pieds/ha par l’ancien propriétaire, sur un sol de granit rose & quartz (ils appellent ça la roche lardée dans le coin, comme le lard). Repris il y peu de temps, 2012 est la première vinification des raisins de cette parcelle, qu’ils travaillent depuis 2013 en biodynamie. À suivre !

Une trame bien construite, fraîche et solide, donne de l’élégance à ce vin charmant et accessible. Fruité, léger et minéral, il a un je ne sois quoi de printanier et d’insouciant. Très joli.

De préférence carafer

Ce petit charmeur en robe rouge est à déguster dès à présent et sera toujours aussi séduisant d’ici 2017

Température de service 14 – 15°C

Chénas – Réserve des Blémonts 2012

Rouge – 100% Gamay – 12,5% Alc – environ 19€

Ce vin est issu d’un terroir argileux avec des traces de manganèse, typiques pour la région.

Gourmand, frais, rond, avec des tanins fins mais présents, il est solide, dense et équilibré. Il exhale en milieu de bouche sur une belle palette de fruits, avec quelques arômes un peu particuliers comme l’anis et le fenouil, des notes minérales et salines. Un vin à part et de garde.

À carafer avant dégustation

Il sera sous son meilleur jour de 2015 à 2018 au moins

Température de service 14 – 15°C

*****

Voilà un premier aperçu des trésors du Beaujolais, à apprécier d’urgence. Il y a tant d’autres qui restent à découvrir. Cette région regorge de petits vignerons simples, accessibles et sincères. Ici, pas de châteaux démesurés, pas de chais clinquants et pas de collections d’art dignes des musées les plus courus. Mais de beaux paysages et du vin, tout simplement. Vous n’allez pas vous ennuyer ! D’ailleurs, tous les propriétaires de chats vous le confirmeront : ils ne s’ennuient jamais avec, mais vont tous les jours de surprise en surprise, souvent touchés par leur grâce instantanée et totalement authentique. Comme le Beaujolais quoi…

Cheers !

PS : Au cas où vous chercheriez l’info : cette année le Beaujolais Nouveau se fêtera le 20 novembre. D’ailleurs, je me demande si les Japonais vont à nouveau fêter ça au Onsen, source thermale agrémentée avec du vin pour l’occasion (et beaucoup de colorant). Chaleur & vapeur & vin = Hips ! Une vraie cure de jouvence pour la bonne humeur.

 

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