De bulles et de Maceo Parker


Ce mercredi là, tout a commencé avec une bulle délicieuse. C’était une de ces fins d’après-midis où on débarque chez un ami que l’on n’a pas vu depuis longtemps, une bouteille de champagne sous le bras et pleins de trucs à se raconter. Il faisait frais, alors se retrouver dans une cuisine cosy et bien chauffée, la table garnie de bonnes choses à grignoter, m’allait bien.

La bouteille, je l’avais rapporté quelques jours auparavant d’une petite mais chouette maison de Mesnil-sur-Oger : Champagne J.L. Vergnon. Encore familiale, très attachée à ses valeurs, avec ses 5,5 hectares de vigne elle fait minus à côté de certains opérateurs champenois. Mais la qualité de leurs bulles n’a rien à leur envier. L’énergie contagieuse du papa, Didier, et le calme réfléchi du fils, Clément, forment une chouette combinaison. Bref, une belle équipe au service d’une maison de Champagne encore artisanale, et qui vaut le détour.

Leurs vignes se situent en plein cœur de la Côte des Blancs, raison pour laquelle ils ne produisent (quasiment) que des blancs-de-blanc. Seule exception : leur rosé, le pirate de la gamme, pour lequel ils vont chercher quelques grappes de pinot noir sur le terroir du grand cru Mailly. Le chardonnay règne alors en maître sur les cuvées, qui sont toutes très peu ou pas dosées. Et cela donne des champagnes fins, élégants, au caractère minéral et droit, laissant toute la place au fruit de tisser son aromatique filigrane.

Ce mercredi là, c’est la cuvée Murmure dont on a fait sauter le bouchon. Un régal en brut nature, qui glisse tout seul et conte, sans austérité aucune, les terroirs de Vertus et de Villeneuve. Un vin dont la bulle voltige sur la sérénité du chardonnay et éclot sur les papilles avec la même tendresse qu’un murmure au creux d’une oreille.

Conclusion : un champagne idéal pour refaire le monde.

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Puis, le temps était venu de troquer nos tabourets de cuisine pour les sièges cosy d’un taxi. Rendez-vous à la Cigale, pour admirer le phénomène Maceo Parker. J’avoue, je ne connaissais pas. Mais alors : quelle découverte !

Imaginez une seconde votre grand-père tenir en haleine une salle de concert, rendre les filles hystériques, jouer et chanter 2 heures non-stop. Déconcertant, n’est-ce pas ? Et bien, Maceo, il l’a fait. Du haut de ses 75 ans, il déploie une énergie artistique qui décoiffe. Ambassadeur du courant funk, saxophoniste à la sensibilité qui donne la chaire de poule, chanteur à la voix aussi délicieusement éraillée que celle de James Brown (avec qui il a d’ailleurs collaboré), un déhanché qui rendra jaloux n’importe quel hidalgo. Ouah ! Quel bonhomme.

Il était venu avec six musiciens, tous des talents accomplis. En fait, l’excellence artistique et l’ambiance en surchauffe dans cette petite salle historique du 18ème arrondissement ont éveillé en moi la nostalgie des clubs de Jazz du Harlem des années 1930. Pas besoin de technique, juste sept personnes sur scène qui aiment ce qu’ils font et le font extraordinairement bien. Un concert qui pour moi restera dans les annales.

Je crois qu’il n’est pas nécessaire de vous dire que je suis fan. Mais je vous le dis quand même. Je suis fan. Fan de mes ami.e.s. Fan de Maceo Parker. Fan de Murmure. Fan de la vie.

Cheers !

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Champagne JL Vergnon

1, Grande Rue
51190 LE MESNIL SUR OGER
TÉL : 03.26.57.53.86

contact@champagne-jl-vergnon.com

Cuvée Murmure – Brut Nature – Blanc de Blancs – Premier Cru / Dosage 0 g/l (fiche technique)